
Investir dans l'immobilier en France depuis Israël en 2026
Mis à jour : juin 2026
Israël, hors UE : un cadre fiscal spécifique pour l'investisseur
Réponse rapide
Peut-on investir dans l'immobilier en France depuis Israël en 2026 ?
Oui. Un résident d'Israël peut acheter un bien en France sans restriction. L'immobilier reste imposable en France : revenus fonciers (taux minimum 20/30 % + prélèvements sociaux à 17,2 % car hors UE/EEE) et plus-value au taux de 19 % majoré des prélèvements sociaux. Un représentant fiscal accrédité est exigé si le prix de vente dépasse 150 000 €.
- ✓Hors UE/EEE : prélèvements sociaux pleins de 17,2 %, pas d'exonération CSG/CRDS
- ✓Plus-value imposée à 19 % en France (article 244 bis A) + prélèvements sociaux
- ✓Représentant fiscal accrédité obligatoire si cession supérieure à 150 000 €
- ✓Convention France-Israël : le bien est imposable en France, Israël élimine la double imposition
La forte communauté franco-israélienne explique l'intérêt récurrent pour l'immobilier en France depuis Tel-Aviv, Jérusalem, Netanya ou Ashdod. La bonne nouvelle : aucune restriction d'accès. Un résident fiscal d'Israël peut acquérir un appartement, une maison ou des parts de société immobilière en France comme n'importe quel investisseur.
La nuance décisive est ailleurs : Israël se situe hors de l'Union européenne, de l'Espace économique européen et de la Suisse. Cette position commande tout le traitement fiscal. Là où un investisseur résidant en Allemagne, en Espagne, au Portugal ou en Italie bénéficie d'allègements réservés à la zone UE/EEE, le résident israélien relève du régime « plein » des non-résidents.
Concrètement, deux conséquences structurent l'investissement : des prélèvements sociaux non allégés sur les loyers et la plus-value, et l'obligation d'un représentant fiscal accrédité au-delà de 150 000 € à la revente. Pour cadrer l'ensemble de la démarche, notre guide Investir en France depuis l'étranger pose les fondamentaux applicables à tout expatrié.
Prélèvements sociaux : pourquoi vous payez 17,2 % et pas 7,5 %
Les revenus immobiliers de source française d'un non-résident supportent des prélèvements sociaux. Depuis 2019, les personnes affiliées à un régime obligatoire de sécurité sociale d'un pays de l'UE, de l'EEE ou de la Suisse sont exonérées de CSG et de CRDS : elles ne paient que le prélèvement de solidarité de 7,5 %.
Cette exonération ne s'applique pas à un résident d'Israël, affilié à un régime hors de cette zone. Le taux applicable reste donc le taux plein de 17,2 % sur les revenus fonciers et les plus-values immobilières de source française. C'est l'écart le plus coûteux par rapport à un expatrié en zone UE : pour 10 000 € de revenus fonciers nets, la différence de prélèvements sociaux atteint environ 970 € par an.
Ce point distingue nettement Israël des destinations européennes : un investisseur depuis l'Espagne ou depuis l'Italie profite de l'exonération CSG/CRDS, ce qui n'est pas votre cas. Le détail des règles et justificatifs figure dans notre page CSG/CRDS du non-résident.
Imposition des loyers : taux minimum 20/30 % ou taux moyen
Au-delà des prélèvements sociaux, les loyers nets sont soumis à l'impôt sur le revenu en France. Pour un non-résident, un taux minimum s'applique : 20 % jusqu'à un seuil de revenu net imposable, puis 30 % au-delà (le seuil est réévalué chaque année, de l'ordre de 29 000 € pour les revenus 2025).
L'administration permet toutefois d'opter pour le taux moyen : si le calcul de votre impôt selon le barème progressif appliqué à l'ensemble de vos revenus mondiaux aboutit à un taux inférieur, c'est ce taux plus favorable qui est retenu. Pour de nombreux investisseurs aux revenus français modestes, cette option fait baisser sensiblement la facture. Elle se demande lors de la déclaration.
Le choix du régime (micro-foncier, réel, ou meublé) et l'option taux moyen méritent une simulation au cas par cas. Notre page dédiée à la fiscalité des revenus fonciers du non-résident détaille les arbitrages, charges déductibles et obligations déclaratives.
Plus-value à la revente : l'article 244 bis A et le représentant fiscal
Lorsque vous revendez, la plus-value d'un non-résident personne physique relève du prélèvement de l'article 244 bis A, au taux de 19 %, auquel s'ajoutent les prélèvements sociaux (17,2 % dans votre situation). Une surtaxe progressive peut frapper les plus-values les plus élevées. Des abattements pour durée de détention réduisent la base, jusqu'à l'exonération au terme du délai de détention.
Spécificité majeure pour un résident d'Israël : la désignation d'un représentant fiscal accrédité est obligatoire dès que le prix de cession dépasse 150 000 €, parce que le vendeur est domicilié hors UE/EEE. Ce représentant, désigné via le notaire, vérifie le calcul, garantit le paiement et engage sa responsabilité. Sa rémunération, souvent proportionnelle au prix, est un coût à anticiper. En dessous de 150 000 €, ou en cas d'exonération totale par la durée de détention, l'obligation tombe.
Le mécanisme complet, les abattements et la surtaxe sont expliqués dans notre page plus-value immobilière du non-résident (244 bis A). Pensez à intégrer le coût du représentant fiscal dès le plan d'investissement.
La convention fiscale France-Israël : qui taxe quoi
La convention fiscale entre la France et Israël, signée à Jérusalem le 31 juillet 1995 et en vigueur depuis le 18 juillet 1996, organise la répartition du droit d'imposer. Pour l'immobilier, le principe est clair : les revenus et les gains tirés de biens immobiliers sont imposables dans l'État où le bien est situé. Un appartement à Lyon ou à Paris est donc imposable en France, quel que soit votre lieu de résidence.
La convention évite la double imposition : le revenu déjà taxé en France n'a pas vocation à être taxé une seconde fois sans correction côté résidence. Côté français, l'élimination s'opère par crédit d'impôt selon la convention ; côté israélien, il faut vérifier au cas par cas le traitement appliqué à vos revenus et plus-values de source française, idéalement avec un conseil fiscal israélien.
Ne jamais raisonner sur la seule fiscalité française : c'est l'articulation des deux fiscalités qui détermine votre rendement net réel. Notre page convention fiscale et double imposition détaille les mécanismes d'élimination et les pièges déclaratifs.
Financer son investissement depuis Israël
Obtenir un crédit immobilier en France en résidant en Israël est possible, mais le dossier est étudié avec plus de sélectivité que pour un résident. Les banques françaises qui prêtent aux non-résidents demandent généralement un apport plus élevé, des revenus stables et justifiables, et parfois la domiciliation d'une épargne ou de flux en France.
Le levier du crédit conserve un intérêt patrimonial fort : il permet de déduire les intérêts d'emprunt au régime réel, de conserver sa trésorerie et de profiter d'un effet de levier. Tous les établissements n'ont pas la même appétence pour la clientèle résidant hors UE : comparer les offres et passer par un intermédiaire spécialisé dans les expatriés fait souvent la différence.
Les modalités, pièces exigées et stratégies de présentation du dossier sont développées dans notre page crédit immobilier de l'expatrié. Préparez vos justificatifs de revenus traduits et anticipez les délais, souvent plus longs.
Quelles stratégies privilégier : LMNP, SCPI ou SCI à l'IS
Le LMNP (location meublée) reste accessible et permet d'amortir le bien pour réduire l'imposition des loyers. Attention toutefois : depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits sont réintégrés dans le calcul de la plus-value de cession (hors certaines résidences gérées), ce qui alourdit l'imposition à la revente. L'arbitrage dépend de votre horizon. Voir notre page LMNP du non-résident.
Les SCPI offrent une exposition immobilière sans gestion. Les revenus de SCPI françaises sont des revenus fonciers, soumis aux mêmes prélèvements sociaux pleins pour un résident d'Israël. Les SCPI investies hors de France peuvent relever d'une fiscalité différente, parfois sans prélèvements sociaux français. Notre page SCPI pour non-résident compare ces options.
Pour un patrimoine plus structuré, la SCI à l'IS peut être pertinente, et il faut surveiller l'IFI du non-résident sur le patrimoine immobilier français. Côté localisation, les meilleures villes pour un expatrié et l'investissement à Lyon offrent des marchés liquides et locatifs profonds.
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