Investir dans l'immobilier en France depuis Monaco en 2026
Mis à jour : 2 juillet 2026
Monaco : pas d'impôt sur le revenu… sauf pour les Français
Réponse rapide
Comment est imposé un résident de Monaco qui investit dans l'immobilier en France ?
Tout dépend de la nationalité. En vertu de l'article 7 de la convention franco-monégasque de 1963, un Français résidant à Monaco (installé après le 13 octobre 1957) reste imposé à l'impôt sur le revenu EN France sur ses revenus mondiaux, comme s'il y était domicilié : Monaco ne lui offre donc aucun avantage fiscal français. Un résident de Monaco d'une autre nationalité relève, lui, du régime classique du non-résident (imposition française du seul bien français). Dans tous les cas, prélèvements sociaux pleins et représentant fiscal à la revente au-delà de 150 000 €.
- ✓Français de Monaco (post-1957) : imposés en France sur leurs revenus mondiaux (art. 7 de la convention 1963)
- ✓IFI : Français installés à Monaco depuis le 1er janvier 1989 imposés sur leur patrimoine immobilier mondial
- ✓Prélèvements sociaux pleins : Monaco est hors UE/EEE (Conseil d'État, 21 juin 2021)
- ✓Représentant fiscal accrédité obligatoire si prix de cession supérieur à 150 000 €
Monaco est réputé pour l'absence d'impôt sur le revenu des personnes physiques. Mais cette règle connaît une exception fondamentale pour les ressortissants français, posée par la convention fiscale franco-monégasque du 18 mai 1963.
Son article 7 prévoit que les Français ayant transféré leur résidence à Monaco à compter du 13 octobre 1957 demeurent assujettis à l'impôt sur le revenu français sur l'ensemble de leurs revenus, comme s'ils avaient conservé leur domicile en France. Seuls les Français pouvant justifier d'une résidence habituelle à Monaco antérieure à cette date (la condition des cinq ans s'appréciant au 13 octobre 1962) y échappent, ainsi que les personnes d'autres nationalités.
La conséquence est structurante : pour un Français de Monaco, investir dans l'immobilier en France ne procure aucun avantage fiscal lié à Monaco, puisqu'il est déjà imposé en France sur ses revenus mondiaux. Ce guide s'adresse donc à deux publics au traitement différent — que nous distinguons ci-dessous. Pour le cadre général, voir notre page pilier investir en France depuis l'étranger.
Français de Monaco : imposé en France sur ses revenus mondiaux
Le Français résidant à Monaco (hors exception d'antériorité) est traité comme un résident fiscal français : il déclare l'ensemble de ses revenus mondiaux en France et y est imposé au barème progressif, sans le plafond du taux minimum des non-résidents. Ses revenus fonciers français suivent le régime de droit commun (micro-foncier ou réel, micro-BIC ou réel en meublé).
Pour cet investisseur, l'immobilier locatif français n'a donc rien d'une opération « offshore » : il s'analyse exactement comme pour un résident de France. Les leviers d'optimisation sont les mêmes — amortissement en LMNP, déficit foncier, choix nu/meublé — et doivent être arbitrés selon la tranche marginale d'imposition réelle.
Résident de Monaco non français : le régime classique du non-résident
Un résident de Monaco d'une autre nationalité (ou un Français bénéficiant de l'exception d'antériorité) relève du régime de droit commun des non-résidents. Son bien français est imposé en France : revenus fonciers à l'impôt sur le revenu au taux minimum de 20 % jusqu'à 29 579 € puis 30 % (ou taux moyen sur option), et plus-value au titre de l'article 244 bis A.
Ses revenus de source non française, eux, échappent à l'impôt français. C'est la configuration la plus proche de celle des autres pays d'expatriation traités sur ce site, comme Dubaï, à ceci près que Monaco impose une vigilance particulière sur la preuve de la résidence et de la nationalité.
Prélèvements sociaux : Monaco hors UE, taux plein confirmé
Quelle que soit la nationalité, le résident de Monaco supporte les prélèvements sociaux pleins sur ses revenus fonciers et plus-values de source française : 17,2 % en location nue, 18,6 % en meublé depuis les revenus 2025. Monaco n'appartenant ni à l'UE, ni à l'EEE, ni à la Suisse, l'exonération de CSG/CRDS ne s'applique pas.
Ce point a été explicitement confirmé par le Conseil d'État dans une décision du 21 juin 2021 : la jurisprudence de Ruyter, qui a fondé l'exonération pour les affiliés d'un régime de sécurité sociale de l'UE/EEE/Suisse, ne bénéficie pas aux résidents de Monaco. Voir notre guide CSG/CRDS du non-résident.
IFI mondial ou français : la date d'installation à Monaco décide
L'IFI réserve aux Français de Monaco un régime particulier, issu de l'avenant de 2003 à la convention. Les Français installés à Monaco à compter du 1er janvier 1989 sont assujettis à l'IFI sur leur patrimoine immobilier mondial, comme des résidents de France. Ceux installés avant cette date ne le sont que sur leurs biens situés en France.
La date d'installation à Monaco est donc un paramètre patrimonial de premier ordre : elle détermine si un immeuble détenu ailleurs qu'en France entre ou non dans l'assiette taxable. Notre guide IFI du non-résident détaille l'assiette, les dettes déductibles et le traitement des parts de SCI.
Plus-value, représentant fiscal et financement
À la revente, la plus-value relève de l'article 244 bis A : 19 % d'impôt plus prélèvements sociaux, abattements pour durée de détention (exonération à 22 ans pour l'impôt, 30 ans pour les prélèvements sociaux), surtaxe au-delà de 50 000 €. Comme le cédant réside hors UE/EEE, un représentant fiscal accrédité est en principe obligatoire dès que le prix de cession dépasse 150 000 €. Détails dans notre guide plus-value immobilière du non-résident.
Pour le financement, la proximité géographique et la solidité patrimoniale des dossiers monégasques facilitent souvent l'accès au crédit français : voir crédit immobilier pour expatrié. CPIM, cabinet indépendant depuis 2008, accompagne les résidents de Monaco dans la sélection et la structuration de leur investissement en France — comparez aussi avec les autres destinations, comme la Suisse.
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