
Investir dans l'immobilier en France depuis la Suisse en 2026
Mis à jour : juin 2026
Pourquoi la Suisse est l'une des meilleures résidences fiscales pour investir en France
Réponse rapide
Comment investir en France depuis la Suisse en 2026 ?
Un résident ou frontalier en Suisse peut investir dans l'immobilier français en bénéficiant d'un atout fiscal majeur : l'exonération de CSG/CRDS (jurisprudence de Ruyter). Seul le prélèvement de solidarité de 7,5 % reste dû, contre 17,2 % hors EEE/Suisse. Les revenus locatifs sont imposés au taux minimum de 20/30 % et la plus-value à 19 %, la convention France-Suisse évitant la double imposition.
- ✓Exonération CSG/CRDS : seul 7,5 % de prélèvement de solidarité dû
- ✓Revenus fonciers imposés au taux minimum 20 % (puis 30 % au-delà de 29 579 €)
- ✓Plus-value à 19 % (art. 244 bis A) sans représentant fiscal obligatoire
- ✓Convention France-Suisse de 1966 : imposition dans l'État de situation du bien
Si vous résidez ou travaillez en Suisse, vous bénéficiez d'un avantage fiscal majeur sur l'immobilier français : l'exonération de CSG et de CRDS. Concrètement, un résident affilié à un régime de sécurité sociale suisse ne supporte que le prélèvement de solidarité de 7,5 % sur ses revenus fonciers et ses plus-values, au lieu des 17,2 % (location nue) ou 18,6 % (meublé) appliqués aux résidents hors Europe (Dubaï, Singapour, États-Unis, etc.). Cette exonération découle de la jurisprudence européenne dite « de Ruyter » (CJUE, 26 février 2015, C-623/13).
Cet écart change profondément la rentabilité nette. Là où un résident de Dubaï ou de Singapour subit 17,2 % de prélèvements sociaux, le frontalier ou résident suisse en supporte moins de la moitié. Pour le détail du mécanisme, consultez notre guide CSG/CRDS non-résident.
Attention : l'exonération suppose une affiliation effective à un régime obligatoire de sécurité sociale autre que français (suisse ou d'un État de l'EEE) au 31 décembre de l'année de perception des revenus ou de réalisation de la plus-value. Un Français résidant en Suisse mais resté affilié à la sécurité sociale française ne pourrait pas en bénéficier. Ce point mérite une vérification au cas par cas selon votre situation d'affiliation.
L'immobilier français reste toujours imposable en France
Premier principe à intégrer : quel que soit votre pays de résidence, un bien immobilier situé en France est toujours imposable en France. C'est le cas pour les revenus locatifs (revenus fonciers ou bénéfices industriels et commerciaux pour le meublé) comme pour la plus-value de cession (article 244 bis A du CGI). Votre statut de résident suisse ne vous exonère pas de l'impôt français : il modifie seulement les prélèvements sociaux et la manière d'éliminer la double imposition.
La convention fiscale franco-suisse du 9 septembre 1966 confirme cette logique. En application de son article 6, les revenus provenant de biens immobiliers sont imposables dans l'État où l'immeuble est situé — donc en France pour un bien français. La Suisse, de son côté, élimine la double imposition selon les modalités prévues par la convention. C'est exactement le rôle d'une convention fiscale bilatérale : éviter que le même revenu soit taxé deux fois.
En pratique, vous déclarez vos revenus fonciers français à la Direction des impôts des non-résidents (DINR) et, en parallèle, vous reportez ces revenus dans votre déclaration suisse selon les règles cantonales et fédérales applicables. La coordination des deux déclarations est un point technique : il est prudent de la faire valider par un conseil maîtrisant les deux fiscalités. Pour le cadre général, voir notre page pilier investir en France depuis l'étranger.
Fiscalité des revenus locatifs : taux minimum, taux moyen et prélèvements sociaux réduits
Vos revenus fonciers français sont soumis à l'impôt sur le revenu selon le barème, avec un taux minimum d'imposition propre aux non-résidents : 20 % pour la fraction de revenu net imposable inférieure à 29 579 €, puis 30 % au-delà de ce seuil (seuil applicable aux revenus 2025). Ce taux minimum est un plancher, pas une fatalité.
Vous pouvez en effet opter pour le taux moyen : l'administration calcule alors le taux qui résulterait de l'application du barème progressif à l'ensemble de vos revenus mondiaux, et l'applique uniquement à vos revenus de source française. Cette option n'est retenue que si elle vous est plus favorable. Pour un investisseur dont les premières années de revenus fonciers français sont modestes (ou déficitaires après charges), elle peut réduire sensiblement l'impôt. Les détails figurent dans notre guide fiscalité non-résident revenus fonciers.
Sur le volet social, c'est là que la résidence suisse fait la différence : seul le prélèvement de solidarité de 7,5 % s'applique, contre 17,2 % en location nue pour un résident hors EEE/Suisse. En meublé, la loi de finances 2026 a porté le taux de droit commun à 18,6 % pour les revenus de capitaux mobiliers, mais le résident suisse affilié à la sécurité sociale suisse reste exonéré de CSG/CRDS et ne supporte que les 7,5 % de solidarité. Le choix entre location nue, meublé (LMNP) ou société dépend de votre situation patrimoniale globale.
Plus-value à la revente : 19 % d'impôt et seulement 7,5 % de prélèvements sociaux
À la revente, la plus-value immobilière d'un non-résident personne physique est soumise à un prélèvement de 19 % (article 244 bis A du CGI), identique au taux applicable aux résidents français. S'y ajoutent les prélèvements sociaux : pour un résident suisse affilié à la sécurité sociale suisse, ce sera de nouveau uniquement le prélèvement de solidarité de 7,5 %, et non les 17,2 %.
Les abattements pour durée de détention s'appliquent comme pour les résidents. Pour l'impôt sur le revenu (les 19 %), l'exonération totale est atteinte après 22 ans de détention ; pour les prélèvements sociaux, elle l'est après 30 ans. Avant ces seuils, l'abattement progresse par paliers à partir de la 6e année de détention. Plus vous conservez longtemps, plus la plus-value taxable diminue.
Détaillons les règles complètes dans notre guide plus-value immobilière non-résident (244 bis A). Notez qu'il existe une exonération spécifique, plafonnée à 150 000 € de plus-value nette, pour la cession de l'ancienne résidence principale en France par un non-résident, sous conditions strictes (notamment de délai et d'antériorité de résidence fiscale française) — à vérifier au cas par cas.
Pas de représentant fiscal obligatoire : un avantage concret de la Suisse
Lors de la vente d'un bien immobilier en France, les vendeurs résidant hors UE et hors EEE (Dubaï, Singapour, Hong Kong, États-Unis, Canada, Royaume-Uni post-Brexit) doivent en principe désigner un représentant fiscal accrédité dès lors que le prix de cession dépasse 150 000 €. Ce représentant, rémunéré, se porte garant du calcul et du paiement de la plus-value.
Bonne nouvelle pour la Suisse : bien que la Confédération ne fasse pas partie de l'EEE, elle est assimilée pour cette obligation. La dispense de représentant fiscal s'applique aux cessions réalisées par des personnes domiciliées dans un État de l'EEE — et la Suisse bénéficie, à ce titre, d'une dispense en pratique grâce aux conventions d'assistance administrative conclues avec la France. Cela vous évite des frais de représentation fiscale parfois substantiels.
Ce point illustre un avantage de planification : un investisseur basé en Suisse échappe à une contrainte qui pèse sur les résidents de pays tiers. Au moment de la vente, le notaire reste votre interlocuteur central pour la liquidation de la plus-value. Il convient toutefois de confirmer votre situation précise auprès du notaire et de l'administration, la qualification pouvant dépendre de votre statut exact (nationalité, type de bien, structure de détention).
Financer son achat depuis la Suisse : crédit en France ou apport ?
Le financement est souvent le vrai point de friction pour un résident en Suisse. Certaines banques françaises acceptent de prêter aux non-résidents et aux frontaliers, mais avec des conditions plus exigeantes que pour un résident français : apport personnel plus élevé, taux parfois majoré, et analyse poussée des revenus perçus en francs suisses. Le risque de change (revenus en CHF, prêt en EUR) est un critère scruté par les prêteurs.
Plusieurs leviers existent : emprunter en euros auprès d'une banque française, mobiliser une banque suisse ou un établissement habitué à la clientèle internationale, ou financer par apport. Le choix dépend de votre profil, du montant et de la stabilité de vos revenus. Le crédit présente un intérêt fiscal en location nue : les intérêts d'emprunt sont déductibles des revenus fonciers, ce qui réduit la base imposable en France.
Nous détaillons les pratiques bancaires et les dossiers qui passent dans notre guide crédit immobilier expatrié. Anticipez ce volet très en amont : un accord de financement solide renforce votre position à l'achat, notamment sur les marchés tendus.
Mini-cas chiffré : un studio loué nu à Lyon depuis la Suisse
Prenons un investisseur résidant à Genève, affilié à la sécurité sociale suisse, qui perçoit 12 000 € de revenus fonciers nets imposables par an sur un bien en location nue à Lyon. Au taux minimum de 20 % (revenu inférieur au seuil de 29 579 €), l'impôt sur le revenu français ressort à 2 400 €.
Côté prélèvements sociaux, grâce à l'exonération de CSG/CRDS, seul le prélèvement de solidarité de 7,5 % s'applique : soit 900 €. La charge fiscale et sociale totale s'établit donc à environ 3 300 €. Pour un résident de Dubaï dans la même situation, les prélèvements sociaux auraient été de 17,2 %, soit 2 064 € — l'écart sur les seuls prélèvements sociaux dépasse 1 100 € par an.
Cet exemple est volontairement simplifié (il ne tient pas compte des charges déductibles, de l'option pour le taux moyen ni de votre fiscalité suisse). Il illustre seulement le poids de l'exonération CSG/CRDS. Aucun chiffre de rendement ou de prix n'est garanti : votre situation réelle doit être chiffrée précisément. Comparez aussi avec les autres juridictions européennes voisines, comme le Luxembourg ou la Belgique, qui bénéficient du même régime de prélèvements sociaux réduits.
Structurer son investissement : nue, meublé (LMNP) ou SCI ?
Le choix du mode de détention reste structurant. La location nue au régime réel permet de déduire les charges et intérêts d'emprunt, et de constater un déficit foncier reportable — simple et lisible pour un primo-investisseur. Le meublé non professionnel (LMNP) offre l'amortissement comptable du bien, mais attention : depuis le 15 février 2025, les amortissements pratiqués sont réintégrés dans le calcul de la plus-value de cession (sauf certaines résidences gérées), ce qui réduit l'avantage à la revente.
Pour un projet patrimonial ou familial, la SCI à l'impôt sur les sociétés peut être pertinente : l'IS s'établit à 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, puis 25 % au-delà. Elle permet l'amortissement du bien et facilite la transmission, mais la plus-value à la revente y est calculée différemment (sur la valeur nette comptable). Ce choix engage sur le long terme et mérite une étude dédiée : voir notre guide SCI à l'IS pour expatrié.
Bon à savoir pour un départ futur : l'exit tax (article 167 bis du CGI) ne vise que les plus-values latentes sur valeurs mobilières et droits sociaux, pas l'immobilier détenu en direct. Les parts de SCI à l'IR en sont d'ailleurs exclues (elles relèvent du 244 bis A). Si vous détenez un portefeuille de titres, ce sujet peut toutefois vous concerner : voir notre dossier exit tax immobilier. Chaque structuration doit être arbitrée selon votre horizon, votre fiscalité suisse et vos objectifs de transmission.
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