
Investir dans l'immobilier en France depuis le Luxembourg en 2026
Mis à jour : juin 2026
Pourquoi le Luxembourg est une base avantageuse pour investir en France
Réponse rapide
Comment investir dans l'immobilier en France depuis le Luxembourg en 2026 ?
Un résident du Luxembourg peut investir en France sans restriction. Ses revenus fonciers et plus-values restent imposables en France (taux minimum d'impôt de 20 % puis 30 % au-delà de 29 579 €), mais son affiliation à la sécurité sociale luxembourgeoise (UE) l'exonère de CSG/CRDS : seul le prélèvement de solidarité de 7,5 % reste dû. La convention France-Luxembourg élimine la double imposition.
- ✓Exonération CSG/CRDS : seul le prélèvement de solidarité de 7,5 % est dû
- ✓Revenus fonciers imposés en France : taux minimum 20 % puis 30 % au-delà de 29 579 €
- ✓Aucun représentant fiscal exigé à la vente (résidence dans l'UE)
- ✓La convention fiscale du 20 mars 2018 élimine la double imposition
Résider au Grand-Duché tout en investissant dans l'immobilier français combine deux atouts. D'abord, la proximité géographique : Metz, Nancy, Thionville ou plus largement le Grand Est sont à portée immédiate, ce qui facilite les visites, le suivi de chantier et la gestion. Ensuite, et surtout, votre statut de résident d'un État membre de l'Union européenne vous place dans la catégorie fiscale la plus favorable pour un non-résident.
Le principe de base reste immuable : un bien immobilier situé en France est toujours imposable en France, que vous soyez résident ou non. Mais la combinaison « résidence UE + convention fiscale franco-luxembourgeoise » neutralise deux frictions majeures que subissent les expatriés hors Europe : la CSG/CRDS et l'obligation de représentant fiscal à la revente.
Cet article détaille le cadre 2026 : prélèvements sociaux, imposition des loyers, fiscalité de la plus-value, financement transfrontalier et structuration. Pour une vue d'ensemble du sujet, consultez notre guide pilier Investir en France depuis l'étranger.
L'atout majeur : exonération de CSG/CRDS, seul le 7,5 % de solidarité reste dû
C'est l'avantage décisif du résident luxembourgeois. Depuis l'arrêt de Ruyter (CJUE, 2015) et sa transposition, les personnes affiliées à un régime obligatoire de sécurité sociale d'un autre État de l'EEE (UE, Islande, Norvège, Liechtenstein) ou de la Suisse sont exonérées de CSG et de CRDS sur leurs revenus du patrimoine de source française. Le Luxembourg appartenant à l'UE, vous en bénéficiez si vous êtes affilié à la sécurité sociale luxembourgeoise.
Concrètement : là où un investisseur résidant hors UE/EEE supporte des prélèvements sociaux pleins de 17,2 % en location nue et 18,6 % en location meublée (taux relevés par la loi de finances pour 2026), vous ne payez que le prélèvement de solidarité de 7,5 %. L'écart sur le rendement net est significatif et se cumule année après année.
Cette exonération n'est pas automatique : elle se déclare. Il faut cocher les cases 8SH (déclarant 1) et/ou 8SI (déclarant 2) de la déclaration de revenus et pouvoir justifier de votre affiliation au régime luxembourgeois au 31 décembre de l'année concernée. Pour le détail du mécanisme, voyez notre page CSG/CRDS non-résident : exonération.
La convention fiscale France-Luxembourg : pas de double imposition
La convention en vigueur, signée le 20 mars 2018, suit le principe classique des biens immobiliers : les revenus tirés d'un bien situé en France sont imposables en France, État de situation de l'immeuble, quel que soit le mode d'exploitation. Il en va de même pour les plus-values de cession des immeubles français. La France exerce donc en premier son droit d'imposer.
L'élimination de la double imposition se règle ensuite au Luxembourg, votre État de résidence, selon les modalités prévues par la convention. Vos loyers français ne sont donc pas frappés une seconde fois d'un impôt luxembourgeois équivalent, mais ils peuvent être pris en compte pour déterminer le taux applicable à vos autres revenus. Cette mécanique évite la double charge tout en préservant la progressivité.
Chaque convention a ses subtilités, et leur application dépend de votre situation personnelle (résidence effective, autres revenus, structuration). Avant tout investissement, vérifiez le texte applicable et faites valider votre cas. Notre page Convention fiscale et double imposition explique la logique générale, à confronter au texte franco-luxembourgeois précis.
Imposition de vos revenus fonciers : barème, taux minimum et taux moyen
Vos loyers nets de source française sont soumis à l'impôt sur le revenu selon le barème progressif, mais avec une particularité pour les non-résidents : un taux minimum d'imposition de 20 % jusqu'à 29 579 € de revenu net imposable (seuil applicable aux revenus 2025), puis 30 % au-delà. Ce plancher vise à ne pas avantager le non-résident par rapport à un résident imposé sur l'ensemble de ses revenus.
Vous pouvez toutefois demander l'application du taux moyen : si le taux qui résulterait de l'imposition de l'ensemble de vos revenus mondiaux (français et étrangers) est inférieur à 20 %/30 %, c'est ce taux moyen, plus favorable, qui s'applique à vos seuls revenus français. Cette option suppose de déclarer et justifier vos revenus luxembourgeois ; elle est souvent payante pour les patrimoines en démarrage.
À l'impôt sur le revenu s'ajoute le prélèvement de solidarité de 7,5 %. Le choix du régime (micro-foncier, réel, meublé) influe fortement sur la base taxable. Pour approfondir les régimes et obligations déclaratives, consultez Fiscalité non-résident : revenus fonciers.
Plus-value à la revente : prélèvement 244 bis A et dispense de représentant fiscal
Lors de la revente, la plus-value immobilière d'un non-résident est soumise au prélèvement de l'article 244 bis A du CGI. Le calcul reprend largement celui des résidents : abattements pour durée de détention, exonération totale d'impôt sur le revenu au bout de 22 ans et de prélèvements sociaux au bout de 30 ans. En tant que résident UE, vous ne supportez au titre des prélèvements sociaux que le 7,5 % de solidarité, et non les 17,2 %.
Avantage procédural notable : vous êtes dispensé de désigner un représentant fiscal accrédité. Depuis 2015, cette obligation ne vise plus que les vendeurs résidant hors UE/EEE. Résident luxembourgeois, vous en êtes exonéré quel que soit le prix de cession, là où un vendeur résidant hors Europe doit en désigner un dès 150 000 € de prix de vente, avec un coût souvent proportionnel.
Les règles d'abattement, de calcul et les éventuelles surtaxes méritent une simulation préalable. Notre page dédiée Plus-value immobilière non-résident (244 bis A) détaille le mécanisme complet.
Financer son achat : le crédit immobilier transfrontalier
Bonne nouvelle : le profil du résident luxembourgeois (souvent frontalier ou cadre rémunéré en euros) est généralement apprécié des banques françaises et des établissements habitués à la clientèle non-résidente. Le financement reste donc accessible, à condition d'anticiper des exigences plus strictes qu'un dossier de résident : apport personnel renforcé, justificatifs de revenus stables et, parfois, domiciliation partielle des flux.
Les conditions (taux, apport, garanties, assurance emprunteur) varient sensiblement d'un établissement à l'autre et selon votre situation. Il n'existe pas de barème unique : la mise en concurrence de plusieurs banques, ou le recours à un courtier spécialisé non-résidents, fait souvent la différence sur le taux comme sur le montant accordé.
Le crédit présente aussi un intérêt fiscal : les intérêts d'emprunt sont déductibles des revenus fonciers au régime réel, ce qui réduit la base imposable en France. Pour cadrer votre dossier, consultez Crédit immobilier expatrié : quelles banques prêtent.
Quelle structure : détention directe, LMNP ou SCI ?
La détention en direct au régime réel reste la plus simple et permet de déduire charges et intérêts. Le statut LMNP (location meublée non professionnelle) ajoute l'amortissement du bien, qui efface souvent l'impôt sur les loyers pendant des années. Attention toutefois : depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits sont réintégrés dans le calcul de la plus-value à la revente (hors certaines résidences gérées), ce qui réduit l'avantage à long terme.
La SCI à l'IS peut convenir pour un projet patrimonial à plusieurs ou à transmettre : l'amortissement comptable est possible et le bénéfice est taxé à 15 % jusqu'à 42 500 € puis 25 %. En contrepartie, la cession des actifs génère une plus-value professionnelle, et la sortie de cash (dividendes) crée une couche d'imposition supplémentaire. C'est un arbitrage de long terme. Voyez SCI à l'IS pour expatrié.
Notez un point rassurant pour le résident UE : les dispositifs de type exit tax visent surtout les valeurs mobilières (art. 167 bis) ; les parts de SCI à l'IR en sont en principe exclues car taxées via le 244 bis A. Le sujet reste sensible et propre à chaque situation — à examiner avec un conseil. Le dispositif Pinel, lui, est fermé depuis 2025.
Cas chiffré et marchés cibles depuis le Luxembourg
Illustration simplifiée. Vous percevez 12 000 € de loyers nets annuels de source française. À l'impôt sur le revenu, le taux minimum de 20 % s'applique (revenu sous le seuil de 29 579 €), soit 2 400 €. S'y ajoute le prélèvement de solidarité de 7,5 %, soit 900 €. Total : 3 300 €. Un investisseur résidant hors UE/EEE, lui, aurait supporté 17,2 % de prélèvements sociaux (2 064 €) au lieu de 900 € — un surcoût d'environ 1 160 € par an pour les seuls prélèvements sociaux. Ce chiffrage est indicatif et hors taux moyen éventuellement plus favorable.
Côté marchés, la proximité plaide pour le Grand Est et les villes bien connectées au Luxembourg. Mais beaucoup de résidents diversifient vers des métropoles dynamiques comme Lyon, pour la profondeur du marché locatif et la liquidité. Notre dossier Investissement locatif à Lyon détaille ce marché. Nous ne publions aucune promesse de rendement : la performance dépend du bien, du financement et de la gestion.
Chaque projet transfrontalier appelle une étude personnalisée : convention applicable, option pour le taux moyen, choix du régime et de la structure, montage du crédit. Depuis 2008, CPIM accompagne les investisseurs expatriés sur l'ensemble de cette chaîne. Faites valider votre stratégie avant d'acheter plutôt que de corriger après.
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