
Déclarer ses revenus fonciers depuis l'étranger : mode d'emploi 2026
Mis à jour : juin 2026
Êtes-vous bien rattaché au service des impôts des non-résidents (DINR) ?
Réponse rapide
Comment déclarer ses revenus fonciers français quand on vit à l'étranger en 2026 ?
Vous déclarez vos revenus fonciers français en ligne sur votre espace particulier impots.gouv.fr, auprès du Service des impôts des non-résidents (DINR, Noisy-le-Grand). Location nue : case 4BE de la 2042 sous 15 000 € (micro-foncier), sinon annexe 2044. Échéance en ligne 2026 : 21 mai. L'impôt est prélevé par acomptes sur votre compte SEPA.
- ✓Service compétent : DINR / SIPNR à Noisy-le-Grand
- ✓Formulaires : 2042 (case 4BE) ou annexe 2044 si réel
- ✓Taux minimum 20 % puis 30 % au-delà de 29 579 €
- ✓Acomptes de prélèvement à la source sur compte SEPA
Première étape, et la plus structurante : déterminer qui gère votre dossier. Si vous êtes non-résident fiscal de France (votre foyer fiscal et le centre de vos intérêts économiques sont hors de France au sens de l'article 4 B du CGI) tout en percevant des revenus fonciers de source française, votre interlocuteur est le Service des impôts des particuliers non-résidents (SIPNR), rattaché à la Direction des impôts des non-résidents (DINR) à Noisy-le-Grand.
L'adresse postale est : SIPNR, 10 rue du Centre, TSA 10010, 93465 Noisy-le-Grand Cedex. Un accueil téléphonique est joignable au +33 1 72 95 20 42. C'est ce service qui traite votre déclaration, vos acomptes et vos éventuelles réclamations — et non le centre des impôts de la commune où se situe votre bien.
Point de vigilance fréquent : l'année du départ à l'étranger, votre dossier bascule de votre centre local vers la DINR. Vérifiez dans votre espace particulier que l'adresse e-mail et l'adresse postale étrangère sont à jour, sinon vos courriers et notifications d'acompte peuvent se perdre. Pour cadrer votre situation d'ensemble, consultez notre dossier fiscalité non-résident des revenus fonciers et le guide expatriation fiscale et immobilier.
Étape par étape : déclarer en ligne sur impots.gouv.fr depuis l'étranger
La déclaration en ligne est obligatoire dès lors que votre résidence dispose d'un accès internet — ce qui est la règle pour la quasi-totalité des expatriés. La procédure se déroule depuis votre espace particulier sur impots.gouv.fr, accessible avec votre numéro fiscal et votre mot de passe (créés au moment de votre primo-déclaration ou conservés depuis la France).
Concrètement : connectez-vous à votre espace particulier, ouvrez le service « Déclarer mes revenus », puis sélectionnez les rubriques de revenus fonciers. Vous renseignez le résultat de votre location nue dans la déclaration principale n° 2042, complétée le cas échéant par l'annexe n° 2044. Le système calcule automatiquement votre impôt en appliquant le taux minimum non-résident (voir plus bas) et compare avec le taux moyen mondial si vous cochez l'option.
Si vous avez perdu vos identifiants depuis l'étranger, la récupération du mot de passe se fait par e-mail — d'où l'importance d'une adresse e-mail valide dans votre profil. La déclaration en ligne reste, pour les non-résidents, la voie la plus sûre : accusé de réception immédiat, calcul du taux moyen automatisé, et report d'une année sur l'autre des données. Pour piloter votre bien à distance, voyez aussi notre guide gestion locative à distance.
Quels formulaires remplir : 2042, 2044, et meublé sur 2042-C-PRO
Pour une location nue, le choix du formulaire dépend de votre revenu brut foncier annuel. Sous le seuil de 15 000 € de loyers bruts, vous relevez du régime micro-foncier : vous portez simplement le montant brut des loyers en case 4BE de la 2042, et l'administration applique un abattement forfaitaire de 30 %. Pas d'annexe à remplir.
Au-delà de 15 000 €, ou sur option pour déduire vos charges réelles (intérêts d'emprunt, travaux, taxe foncière, gestion), vous passez au régime réel et complétez l'annexe n° 2044, dont le résultat net est ensuite reporté sur la 2042. Le régime réel est souvent plus favorable dès qu'il y a un crédit en cours ou des travaux significatifs.
Pour une location meublée (revenus relevant des BIC, régime LMNP), la logique change : vous déclarez sur la 2042-C-PRO, avec le micro-BIC ou le réel selon votre situation. Le meublé obéit à des règles propres (amortissement, prélèvements sociaux spécifiques) détaillées dans nos guides location meublée LMNP et LMNP non-résident.
Le taux d'imposition : minimum de 20 % / 30 % ou taux moyen mondial
Vos revenus fonciers de source française sont imposables en France, conformément aux conventions fiscales (l'immobilier est toujours imposé dans l'État de situation du bien). L'article 197 A du CGI fixe pour les non-résidents un taux minimum d'imposition : 20 % sur la fraction du revenu net imposable jusqu'à 29 579 € (revenus 2025, déclaration 2026), puis 30 % au-delà de ce seuil.
Vous pouvez toutefois échapper à ce minimum en demandant l'application du taux moyen mondial : si l'impôt français calculé sur l'ensemble de vos revenus (français et étrangers) aboutit à un taux inférieur, c'est ce taux qui s'applique à vos seuls revenus français. L'administration ne le retient que s'il vous est plus favorable, et la comparaison est automatisée lors de la déclaration en ligne dès que vous cochez l'option.
Pour activer le taux moyen, vous déclarez le montant de vos revenus mondiaux dans la rubrique dédiée et tenez à disposition les justificatifs (avis d'imposition étranger, attestation). C'est souvent décisif pour les expatriés à revenus modestes ou moyens. Pour comprendre l'articulation avec votre pays de résidence, lisez notre analyse convention fiscale et double imposition.
Les prélèvements sociaux : 17,2 % ou 7,5 % selon votre affiliation
Au-delà de l'impôt sur le revenu, les revenus fonciers de source française supportent des prélèvements sociaux. Le taux plein est de 17,2 % (CSG, CRDS et prélèvement de solidarité). Mais une exonération majeure existe pour une partie des expatriés.
En application de la jurisprudence de Ruyter, les non-résidents affiliés à un régime obligatoire de sécurité sociale d'un autre État de l'UE, de l'EEE (Norvège, Islande, Liechtenstein) ou de Suisse sont exonérés de CSG et de CRDS. Il ne reste alors à leur charge que le prélèvement de solidarité de 7,5 %. L'affiliation doit être effective au 31 décembre de l'année des revenus.
À l'inverse, les non-résidents affiliés hors UE/EEE/Suisse — Dubaï, États-Unis, Asie, Royaume-Uni post-Brexit — restent soumis au taux plein de 17,2 %. Pour la location meublée, la loi de finances 2026 a relevé certains taux : vérifiez votre cas précis. Notre guide CSG/CRDS non-résident détaille les justificatifs à fournir et la procédure de réclamation si le 17,2 % vous a été appliqué à tort.
Calendrier 2026 : les dates à ne pas manquer
Le calendrier déclaratif des non-résidents s'aligne sur celui des résidents, avec quelques particularités. Pour les revenus 2025 déclarés en 2026 : la déclaration papier (pour les rares cas où elle reste admise) devait être déposée au plus tard le 19 mai 2026, y compris pour les Français de l'étranger.
Pour la déclaration en ligne, les non-résidents relèvent de la première échéance : jeudi 21 mai 2026 à 23h59 (même date que les départements 01 à 19). Le service de déclaration en ligne a ouvert en avril 2026. Au-delà de la date limite, une majoration s'applique, d'où l'intérêt d'anticiper compte tenu du décalage horaire et des éventuelles difficultés d'accès aux identifiants depuis l'étranger.
Ces dates étant revues chaque année, vérifiez systématiquement le calendrier officiel sur impots.gouv.fr avant de déclarer. Si vous combinez déclaration de revenus et projet d'achat, anticipez aussi le volet financement : voyez notre dossier crédit immobilier expatrié.
Le paiement : acomptes de prélèvement à la source prélevés sur votre compte
Les revenus fonciers ne subissent pas de retenue à la source non-résident (RAS) classique : ils relèvent du prélèvement à la source sous forme d'acomptes (acomptes « contemporains »). Concrètement, l'administration calcule un acompte à partir de votre dernière déclaration et le prélève directement sur votre compte bancaire.
Le prélèvement intervient par défaut le 15 de chaque mois, avec une option pour un rythme trimestriel (15 février, 15 mai, 15 août, 15 novembre). Il est donc indispensable de communiquer un RIB d'un compte de la zone SEPA dans votre espace particulier, faute de quoi l'acompte ne pourra pas être prélevé et des pénalités pourront s'appliquer.
Via le service « Gérer mon prélèvement à la source », vous pouvez moduler vos acomptes en cas de baisse de revenus (vacance locative, fin de bail) ou les actualiser après un achat. En cas de difficulté de paiement, contactez le SIPNR de Noisy-le-Grand sans attendre. Pour structurer un patrimoine à l'IS et lisser cette fiscalité, voyez notre guide SCI à l'IS pour expatrié.
Mini-cas chiffré et erreurs à éviter
Prenons un expatrié affilié à la sécurité sociale allemande (UE), propriétaire d'un appartement loué nu à Lyon, dégageant 12 000 € de loyers bruts par an. Sous le seuil de 15 000 €, il relève du micro-foncier : abattement de 30 %, soit un revenu net imposable de 8 400 €. Imposé au taux minimum de 20 %, l'impôt s'élève à environ 1 680 €. Les prélèvements sociaux, limités au prélèvement de solidarité de 7,5 % grâce à son affiliation UE, ajoutent environ 630 € — contre 1 445 € au taux plein de 17,2 %. S'il peut justifier d'un taux moyen mondial inférieur à 20 %, sa facture d'impôt baisse encore.
Les erreurs récurrentes : oublier de cocher l'option taux moyen (et payer 20 % alors qu'on aurait droit à moins) ; ne pas réclamer l'exonération CSG/CRDS alors qu'on est affilié UE/EEE/Suisse ; ne pas fournir de RIB SEPA pour les acomptes ; ou déclarer auprès de son ancien centre local au lieu de la DINR. Chacune coûte cher ou retarde le traitement.
La fiscalité immobilière des non-résidents combine impôt sur le revenu, prélèvements sociaux, acomptes et convention fiscale — un assemblage où chaque détail compte. Avant d'investir ou d'optimiser une location existante depuis l'étranger, structurez votre projet avec notre dossier pilier investir en France depuis l'étranger et, pour la stratégie d'acquisition, investir dans l'immobilier en tant qu'expatrié. En cas de revente, anticipez la plus-value immobilière non-résident.
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