Taxe d'aménagement 2026 : ce que coûte vraiment une extension, une piscine ou une transformation de bureaux
Mis à jour : 22 juillet 2026
Qui la doit, et sur quels projets
Réponse rapide
Comment se calcule la taxe d'aménagement en 2026 ?
Elle est égale à la surface de construction multipliée par une valeur forfaitaire — 892 €/m² hors Île-de-France et 1 011 €/m² en Île-de-France en 2026 — puis par les taux votés localement : 1 à 5 % pour la commune, 2,5 % au maximum pour le département. Un abattement de 50 % s'applique aux 100 premiers mètres carrés d'habitation principale.
- ✓Valeurs 2026 : 892 €/m² hors Île-de-France, 1 011 €/m² en Île-de-France (article 1635 quater H du CGI), en baisse d'environ 4 %
- ✓Abattement de 50 % réservé à l'habitation principale : la résidence secondaire et le meublé de tourisme en sont exclus
- ✓Depuis les autorisations délivrées à compter du 15 février 2025, transformer des locaux non résidentiels en logements est taxable
- ✓Déclaration dans les 90 jours suivant l'achèvement, sur impots.gouv.fr
La taxe d'aménagement est due par le titulaire d'une autorisation d'urbanisme — permis de construire, permis d'aménager ou déclaration préalable — qui construit, reconstruit ou agrandit un bâtiment, ou réalise un aménagement taxable comme une piscine ou un emplacement de stationnement extérieur. Elle est perçue au profit de la commune, du département et, en Île-de-France, de la région. C'est un prélèvement ponctuel, déclenché par le projet et non par la détention du bien : rien à voir avec la taxe foncière, qui revient chaque année.
Le fait générateur est la délivrance de l'autorisation. C'est donc la date du permis, et non celle du chantier, qui détermine le millésime des valeurs applicables — un point à surveiller quand un dossier est déposé à cheval sur deux années civiles.
Une évolution récente élargit le champ. L'article 111 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025 a complété l'article 1635 quater B du CGI : les opérations qui ont pour effet de changer la destination de locaux non destinés à l'habitation en locaux d'habitation donnent désormais lieu au paiement de la taxe. Le BOFiP précise que la mesure vise les opérations dont l'autorisation d'urbanisme est délivrée à compter du 15 février 2025. Transformer un plateau de bureaux ou un local commercial en logements ne crée aucune surface nouvelle, mais la surface transformée est maintenant taxée.
La formule : surface, valeur forfaitaire, taux
Le calcul tient en une ligne : surface de construction × valeur forfaitaire × taux. Chacun des trois termes réserve des surprises.
La surface retenue n'est ni la surface habitable, ni la surface Carrez. L'article 1635 quater H du CGI la définit comme la somme des surfaces de plancher de chaque niveau clos et couvert, calculée à partir du nu intérieur des façades. On en déduit les embrasures des portes et fenêtres donnant sur l'extérieur, les vides et trémies d'escaliers et d'ascenseurs, ainsi que les surfaces sous une hauteur de plafond inférieure ou égale à 1,80 m. En revanche, caves, celliers, combles aménageables et stationnements couverts comptent — c'est ce qui gonfle la note sur un projet de division d'immeuble ou d'aménagement de combles.
Les taux, eux, sont votés localement (articles 1635 quater M et 1635 quater N du CGI). La part communale ou intercommunale ne peut être inférieure à 1 % ni excéder 5 %, et peut être portée jusqu'à 20 % dans certains secteurs par délibération motivée. La part départementale est plafonnée à 2,5 %, la part régionale d'Île-de-France à 1 %. Entre une commune à 1 % sans part départementale et un secteur majoré, l'écart de facture sur un même projet se compte en milliers d'euros.
Dernier étage : la taxe d'archéologie préventive, au taux de 0,40 % de la même base, due dès lors que les travaux affectent le sous-sol.
2026 : des valeurs forfaitaires en recul
Les valeurs applicables aux autorisations de 2026 sont de 892 €/m² hors Île-de-France et 1 011 €/m² en Île-de-France, contre 930 € et 1 054 € en 2025.
Cette baisse n'a rien d'une faveur fiscale, et ne résulte d'aucun arrêté : depuis le rattachement de la taxe au code général des impôts, les montants figurent directement à l'article 1635 quater H, qui prévoit leur actualisation de plein droit au 1er janvier de chaque année en fonction du dernier indice du coût de la construction publié par l'INSEE, arrondie à l'euro inférieur. Or cet indice s'établit à 2 056 au troisième trimestre 2025, en repli de 4,06 % sur un an (avis publié au Journal officiel du 17 décembre 2025). La base recule donc mécaniquement avec lui.
Le même mouvement touche les forfaits d'aménagements : la piscine passe à 251 € par m² de bassin en 2026 (262 € en 2025) et l'emplacement de stationnement extérieur à 2 928 €, montant que la collectivité peut porter jusqu'à 5 857 € par délibération (articles 1635 quater J et K du CGI). D'autres forfaits ne sont pas indexés et restent fixes : 10 € par m² de panneau photovoltaïque au sol, 3 000 € par éolienne de plus de 12 mètres.
L'abattement de 50 % et son angle mort
L'article 1635 quater I du CGI prévoit un abattement de 50 % sur la valeur forfaitaire pour quatre catégories : les logements aidés, les 100 premiers mètres carrés des locaux d'habitation à usage d'habitation principale, les locaux industriels et artisanaux, entrepôts et parcs de stationnement couverts, et depuis 2025 les logements issus d'une opération de transformation.
La deuxième catégorie est la plus courante et la plus mal comprise. Le BOFiP indique que la résidence principale peut être celle du constructeur, du futur propriétaire ou du futur locataire : un logement construit pour être loué à l'année ouvre donc bien droit à l'abattement. C'est l'affectation du local qui compte, pas la qualité du redevable.
L'angle mort est ailleurs. Les logements qui ne constituent pas une habitation principale sont exclus : résidence secondaire et meublé de tourisme paient sur une base deux fois plus élevée à surface identique. Pour un projet arbitré entre location nue à l'année et location saisonnière, l'écart s'ajoute aux différences de fiscalité et de charges déjà connues.
Deux limites à connaître. Les 100 m² s'apprécient logement par logement, sans report possible d'une unité à l'autre au sein d'un même programme. Et l'abattement ne s'applique jamais aux aménagements forfaitisés : la piscine et le stationnement extérieur sont taxés sur la totalité de leur valeur.
Exemple : un logement de 60 m² créé en surélévation
Prenons une illustration, hors Île-de-France, dans une commune dont le taux est de 4 % avec une part départementale de 2,5 % — soit 6,5 % au total. Un investisseur crée un logement de 60 m² de surface de construction par surélévation.
S'il est destiné à la location nue à l'année, l'abattement de 50 % joue sur la totalité des 60 m². La base est de 60 × 892 × 50 % = 26 760 €, la taxe d'aménagement de 1 739 €, à laquelle s'ajoutent 107 € de taxe d'archéologie préventive : environ 1 846 €.
Si le même logement est destiné à la location saisonnière, l'abattement tombe. La base passe à 53 520 €, la taxe à 3 479 €, plus 214 € : environ 3 693 €. Même chantier, même surface, 1 847 € d'écart — un montant qui, à ce stade du projet, sort de la trésorerie et non du crédit.
Pour comparaison, une piscine de 32 m² de bassin dans la même commune donne 32 × 251 = 8 032 € de base, soit 522 € de taxe. Aucun abattement, mais aucune part variable non plus : le forfait s'applique tel quel.
Ce qui échappe à la taxe
Certaines exonérations s'appliquent de plein droit, sans délibération : les constructions dont la surface est inférieure ou égale à 5 m², les bâtiments agricoles (serres de production, locaux de stockage), les constructions affectées à un service public, et la reconstruction à l'identique d'un bâtiment détruit ou démoli depuis moins de dix ans.
D'autres sont facultatives et dépendent d'une délibération de la collectivité (article 1635 quater E du CGI) : les abris de jardin et les serres de jardin à usage non professionnel dont la surface est inférieure ou égale à 20 m², les pigeonniers et colombiers soumis à déclaration préalable, les commerces de détail d'une surface de vente inférieure à 400 m², les logements financés par un prêt aidé, ou encore les locaux transformés en logements. Ces délibérations doivent intervenir avant le 1er juillet pour s'appliquer à compter du 1er janvier de l'année suivante.
La conséquence pratique est simple : deux projets identiques dans deux communes voisines peuvent donner deux factures très différentes. Le régime applicable se vérifie auprès du service urbanisme de la mairie avant le dépôt du dossier, pas après.
Déclarer et payer : 90 jours après l'achèvement
Depuis le transfert de la gestion de la taxe à l'administration fiscale, le redevable ne reçoit plus de titre de perception au moment du permis. Il lui appartient de déclarer les éléments de calcul dans les 90 jours suivant l'achèvement des travaux, depuis le service « Gérer mes biens immobiliers » de son espace sur impots.gouv.fr.
Le paiement suit le montant : en dessous de 1 500 €, un versement unique ; au-delà, la taxe est due en deux parts égales, la première exigible 90 jours après l'achèvement, la seconde six mois plus tard.
Ce calendrier a une conséquence directe sur la trésorerie d'une opération. La taxe n'arrive pas au moment du permis, quand le plan de financement est encore ouvert, mais après le chantier, souvent une fois le crédit débloqué et consommé. Sur une opération d'achat avec travaux calibrée à l'euro près, elle mérite une ligne dédiée dans le budget, au même titre que les honoraires d'architecte ou l'assurance dommages-ouvrage.
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