Défiscalisation Girardin 2026 : le one-shot fiscal, taux maintenus
Mis à jour : 2 juillet 2026
Le principe : un apport à fonds perdus contre une réduction supérieure
Réponse rapide
Comment fonctionne la défiscalisation Girardin en 2026 ?
Vous apportez une somme à fonds perdus en 2026 dans une société qui finance du matériel productif outre-mer ; en contrepartie, vous obtenez en 2027 une réduction d'impôt supérieure de 10 à 14 % à votre apport (art. 199 undecies B du CGI). Les taux 2026 sont inchangés : la baisse d'environ 25 % prévue par le PLF 2026 a été supprimée au cours des débats. Le dispositif est ouvert aux investissements réalisés jusqu'au 31 décembre 2029.
- ✓Taux 2026 maintenus : l'article 7 du PLF 2026 (baisse ~25 %) a été supprimé en navette parlementaire
- ✓Plafond spécifique : réduction retenue pour 34 % dans le plafond de 18 000 €, soit jusqu'à ~52 900 € de réduction effective
- ✓Risque réel : reprise de l'avantage si l'exploitant cesse son activité dans les 5 ans, responsabilité solidaire des associés
Le Girardin industriel (art. 199 undecies B du CGI) finance le développement économique de l'outre-mer par l'impôt des contribuables métropolitains. Concrètement : vous souscrivez en année N, via une société de portage montée par un opérateur spécialisé, au financement de matériel productif (engins de chantier, équipements agricoles, matériel médical…) loué à un exploitant ultramarin. En N+1, vous imputez sur votre impôt une réduction supérieure de 10 à 14 % à votre apport.
La contrepartie est double. D'abord, l'apport est à fonds perdus : vous ne récupérez jamais votre mise, seule la réduction d'impôt vous rémunère. Ensuite, la loi impose de rétrocéder à l'exploitant au moins 66 % de l'avantage fiscal (56 % pour les programmes de moins de 300 000 €) sous forme de loyers minorés — c'est le cœur social du dispositif, et la raison pour laquelle le fisc tolère un gain net pour l'investisseur.
Le dispositif est reconductible chaque année et fonctionne d'autant mieux que l'impôt est élevé : il s'adresse aux foyers payant au moins 5 000 à 10 000 € d'IR, disposant de la trésorerie nécessaire en fin d'année N, et capables d'absorber le risque de reprise. La loi de finances pour 2024 l'a prorogé pour les investissements mis en service jusqu'au 31 décembre 2029.
Taux et plafonds 2026 : la baisse du PLF a été écartée
L'automne 2025 a fait trembler la place : l'article 7 du projet de loi de finances pour 2026 prévoyait une baisse d'environ 25 % des taux (38,25 % → 27,25 % pour le taux de base). Cette mesure a été supprimée au cours de la navette parlementaire et ne figure pas dans la loi de finances pour 2026 promulguée le 19 février 2026 : les paramètres 2026 sont inchangés.
Les taux de réduction restent donc de 38,25 % du prix de revient en régime de base, portés à 45,9 % en Guyane et à Mayotte (ainsi qu'à Saint-Pierre-et-Miquelon et Wallis-et-Futuna), et jusqu'à 53,55 % pour les hôtels dans les DOM et certains investissements en énergies renouvelables. Attention, ces taux s'appliquent au prix de revient du matériel — le gain investisseur (10-14 % de l'apport) en découle après rétrocession.
Côté plafonds, le Girardin bénéficie d'un traitement de faveur au sein du plafonnement global des niches outre-mer de 18 000 € (art. 200-0 A du CGI) : la réduction n'est retenue que pour 34 % de son montant lorsque la rétrocession est de 66 % — ce qui autorise jusqu'à environ 52 900 € de réduction effective par an (40 900 € à 44 % pour les petits programmes). L'article 199 undecies D permet d'opter pour un plafond alternatif de 40 000 € ou de 15 % du revenu du foyer. Des montants sans équivalent dans la défiscalisation métropolitaine.
Agrément, secteurs et matériels : ce qui a été durci
Toutes les opérations ne se valent pas juridiquement. Au-delà de 1 M€ par programme — seuil abaissé à 250 000 € quand les investisseurs sont des personnes physiques agissant à titre non professionnel —, l'opération doit obtenir un agrément préalable de l'administration fiscale, qui vérifie l'intérêt économique pour le territoire. Dans certains secteurs sensibles (transport notamment), l'agrément est requis dès le premier euro.
La loi de finances pour 2025 a par ailleurs durci l'éligibilité des véhicules de tourisme, terrain historique d'abus : seuls restent éligibles les véhicules émettant au plus 117 g de CO2/km, donnés en location, avec un prix de revient plafonné à 30 000 € par véhicule. Les opérations « de plein droit » (sous les seuils d'agrément) restent les plus courantes pour les particuliers — mais l'absence de contrôle a priori signifie que la conformité repose sur le sérieux du monteur.
Réflexe de base avant de signer : vérifier que le monteur est inscrit au registre préfectoral prévu par l'article 242 septies du CGI (obligatoire pour exercer), examiner son historique (encours, sinistralité, ancienneté) et la dispersion des programmes proposés — un portefeuille réparti sur des dizaines d'exploitants dilue le risque de défaillance individuelle.
Les vrais risques : reprise, solidarité, garanties plafonnées
Le Girardin est l'anti-placement : le rendement est connu d'avance, c'est le capital qui est à risque. Premier risque, la reprise de l'avantage fiscal : si le matériel est cédé ou cesse d'être affecté à l'exploitation dans les 5 ans (7 ans pour les biens dont la durée normale d'utilisation atteint 7 ans, 10 ans pour les navires de croisière, 15 ans pour les hôtels), la réduction est reprise — parfois des années après, avec intérêts de retard.
Deuxième risque, la structure juridique : la plupart des montages utilisent des SNC ou sociétés en participation, dans lesquelles les associés sont responsables indéfiniment et solidairement des dettes sociales. Une défaillance de l'exploitant peut donc, en théorie, dépasser la simple perte de l'avantage fiscal. Les monteurs sérieux interposent des mécanismes limitant cette exposition — à vérifier ligne par ligne.
Troisième point, les garanties de bonne fin fiscale (G3F) : elles couvrent la reprise de la réduction en cas de sinistre, mais ce sont des garanties contractuelles, plafonnées en montant global chez chaque opérateur — une enveloppe qui pourrait s'avérer insuffisante en cas de sinistre systémique. Elles réduisent fortement le risque courant ; elles ne le rendent pas nul. L'histoire du secteur (affaires de monteurs indélicats dans les années 2010) justifie de ne travailler qu'avec des opérateurs établis.
Girardin logement social : fermé dans les DROM, ouvert dans les COM
Pour qui, et comment l'articuler avec l'immobilier métropolitain
Le Girardin ne construit pas de patrimoine : il optimise une trésorerie fiscale. Il se compare donc moins au Jeanbrun ou au LMNP — qui créent un actif — qu'à une gestion de l'impôt lui-même. Le profil type : TMI 30 % et plus, IR annuel de 5 000 à 40 000 €, trésorerie disponible en fin d'année, et un patrimoine déjà diversifié.
La stratégie la plus robuste consiste à traiter le Girardin comme un complément annuel : l'immobilier (amortissement Jeanbrun ou LMNP, déficit foncier) réduit durablement la base imposable, le Girardin efface l'impôt résiduel de l'année avec un gain de 10-14 %. À l'inverse, concentrer des dizaines de milliers d'euros par an sur le seul Girardin expose au risque de reprise sur plusieurs millésimes simultanément.
Dernier conseil de méthode : souscrire tôt dans l'année. Les programmes les mieux notés (petits programmes de plein droit très dispersés, exploitants historiques) partent les premiers, et les souscriptions de décembre se font sur ce qui reste — parfois avec des taux de gain plus élevés qui rémunèrent un risque supérieur, pas une meilleure affaire.
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