Méthode JeanBrun : mesurer la rentabilité réelle, pas l'illusion
Mis à jour : 2 juillet 2026
Pourquoi le rendement brut ne dit presque rien
Réponse rapide
Qu'est-ce que la méthode JeanBrun pour calculer la vraie rentabilité d'un investissement à crédit ?
La méthode JeanBrun additionne trois flux que le rendement brut ignore : le cash-flow net (loyers moins toutes charges, crédit et impôt), le capital remboursé chaque année par le locataire via le loyer, et l'effet fiscal du régime choisi. Elle révèle la rentabilité réelle des fonds propres, souvent supérieure au brut grâce à l'effet de levier.
- ✓Le rendement brut = loyer annuel / prix d'acquisition ; il ignore charges, crédit, fiscalité et remboursement du capital
- ✓L'effet de levier améliore la rentabilité des fonds propres tant que le coût du crédit reste inférieur à la rentabilité économique du bien
- ✓Le capital remboursé par le loyer est un enrichissement réel, jamais compté dans le rendement brut
- ✓La fiscalité varie : location nue = prélèvements sociaux 17,2 % ; location meublée (LMNP) = 18,6 % depuis la LFSS 2026
La méthode JeanBrun mesure en 2026 la rentabilité réelle d'un investissement locatif financé à crédit en additionnant trois flux sur la durée de détention : le cash-flow net après impôt, le capital remboursé par le locataire et la plus-value latente, rapportés à l'apport investi. Là où un rendement brut de 6 % masque un cash-flow net-net négatif, cette grille de lecture CPIM révèle souvent un rendement réel de 10 à 15 %/an grâce à l'effet de levier.
Quand on parle de rentabilité d'un investissement locatif, le réflexe est de calculer un rendement brut : loyer annuel divisé par prix d'achat. Un bien à 200 000 € loué 1 000 €/mois affiche 6 % brut. C'est l'indicateur le plus simple, et c'est aussi le plus trompeur.
Le rendement brut ignore trois flux qui font toute la différence : (1) les charges, la fiscalité et le coût du crédit (qui rognent le brut pour aboutir à un rendement net-net souvent inférieur à 3 %) ; (2) le capital remboursé chaque mois par le locataire via le loyer, qui se transforme en patrimoine appartenant à l'investisseur ; (3) la plus-value latente sur la valeur totale du bien — pas seulement sur l'apport.
C'est pour intégrer ces trois flux que la méthode JeanBrun a été développée. Elle ne remplace pas le rendement brut, elle le complète pour donner la vraie performance d'un investissement immobilier financé à crédit.
Les trois flux additionnés par la méthode
Flux 1 — Cash-flow net après impôt. Loyers perçus, moins charges non récupérables (assurance PNO, gestion locative, taxe foncière non récupérable, vacance, copropriété), moins mensualité de crédit (capital + intérêts), moins fiscalité (IR selon régime LMNP réel, micro-foncier, etc.). Ce solde peut être positif, neutre ou négatif. C'est l'effort d'épargne mensuel réel.
Flux 2 — Capital remboursé par le locataire. Chaque mensualité de crédit comprend une part d'intérêts et une part de capital. La part de capital diminue progressivement le solde de votre dette : c'est de la création de patrimoine, financée par le loyer. Sur un crédit 200 000 € à 3,9 % sur 20 ans, la première année rembourse environ 7 000 € de capital, la dernière année près de 13 000 €.
Flux 3 — Plus-value latente. Le bien physique a une valeur qui évolue avec le marché. Une revalorisation moyenne de 1,5 à 2 %/an sur 15 ans représente +25 à +35 % sur la valeur initiale. Cette plus-value n'est pas réalisée tant que le bien n'est pas vendu, mais elle est latente et elle compte dans le patrimoine.
La méthode JeanBrun additionne ces trois flux sur la durée de détention puis rapporte le total à l'apport investi initialement (et non au prix d'achat). C'est ce ratio qui mesure la performance réelle de l'argent immobilisé.
Exemple chiffré illustratif
Sur 10 ans : cash-flow cumulé ≈ -3 500 € (effort modeste) ; capital remboursé par le locataire ≈ +83 000 € ; plus-value latente ≈ +39 000 €. Total flux JeanBrun : +118 500 € pour 30 000 € engagés, soit un TRI proche de 14 %/an sur l'apport.
Le rendement brut classique aurait affiché 6 %, le net-net après impôt aurait fait apparaître un cash-flow légèrement négatif : deux indicateurs qui auraient écarté l'investissement d'une grille de sélection mal calibrée. La méthode JeanBrun révèle au contraire un rendement réel proche de 14 %, grâce à l'effet de levier du crédit.
Quand la méthode est pertinente — et quand elle ne l'est pas
Pertinente : investissement financé à crédit (effet de levier indispensable), horizon ≥ 10 ans (la plus-value et le capital remboursé prennent leur sens dans la durée), bien locatif standard (l'inflation locative et la revalorisation suivent les indices).
Non pertinente : achat comptant (pas d'effet de levier, le capital remboursé est nul), revente rapide (la plus-value latente n'est pas matérialisée et les frais d'acquisition n'ont pas le temps de s'amortir), niche spéculative (la revalorisation n'est plus une moyenne mais un pari).
La méthode JeanBrun s'utilise comme filtre complémentaire, pas comme indicateur unique. Elle se calcule avec notre simulateur dédié qui prend en compte vos paramètres réels.
À retenir
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