
Crédits d'impôt travaux : la liste 2026
Du CITE à MaPrimeRénov' : la bascule terminée
Le Crédit d'Impôt pour la Transition Énergétique (CITE) a été définitivement supprimé en 2020, remplacé par MaPrimeRénov' depuis 2021. En 2026, plus aucun crédit d'impôt généraliste sur les travaux de rénovation énergétique n'est accessible. La logique a basculé d'une réduction fiscale a posteriori vers une aide directe versée par l'ANAH, dont les conditions ont été détaillées dans notre dossier sur MaPrimeRénov' bailleur.
Pour un investisseur bailleur, cette bascule a deux conséquences. Première conséquence : l'aide est aujourd'hui versée en numéraire et non plus déduite de l'impôt, ce qui simplifie l'équation de trésorerie. Deuxième conséquence : l'aide vient minorer la base déductible au titre du déficit foncier, là où l'ancien CITE coexistait sans interaction directe avec le régime foncier.
Le seul crédit d'impôt généraliste qui subsiste est le Crédit d'Impôt Développement Durable (CIDD), strictement réservé aux propriétaires occupants. Un bailleur, par construction, en est exclu. Cette ligne de séparation est nette et il est inutile de chercher un crédit d'impôt équivalent côté locatif : la fiscalité du bailleur passe désormais par la déduction des charges et le déficit foncier.
Ce qui reste accessible au bailleur en 2026
Premier dispositif maintenu : les Certificats d'Économies d'Énergie (CEE). Ce ne sont pas un crédit d'impôt à proprement parler, mais une prime versée par les fournisseurs d'énergie (TotalEnergies, EDF, Engie, enseignes de grande distribution) en contrepartie de l'obligation d'économie d'énergie qui pèse sur eux. Les CEE sont ouverts aux bailleurs sans condition de revenus, et cumulables avec MaPrimeRénov'. Notre dossier dédié détaille le calibrage par type de travaux.
Deuxième dispositif : le crédit d'impôt pour borne de recharge de véhicule électrique. Couvrant 75 % du coût d'installation dans la limite de 500 € par borne, il s'applique aussi bien à la résidence principale qu'à une résidence secondaire ou à un logement loué, à condition que la borne soit installée dans un emplacement de stationnement à usage privatif. Un bailleur qui équipe une copropriété peut en bénéficier sur le quote-part qui lui revient.
Troisième levier : la TVA réduite à 5,5 % sur les travaux de rénovation énergétique dans les logements de plus de deux ans. Ce n'est pas un crédit d'impôt mais un taux réduit appliqué directement sur la facture, ce qui réduit mécaniquement le coût HT et la base de déficit foncier (à l'avantage du bailleur dans la plupart des cas, puisque le rendu net est plus favorable que la sortie de cash brute).
Cumuls autorisés, cumuls interdits
La règle générale, en 2026, est que MaPrimeRénov', les CEE et la TVA réduite se cumulent librement. C'est même la combinaison standard pour maximiser le financement public d'une rénovation lourde : l'État via MaPrimeRénov', les fournisseurs d'énergie via les CEE, et la TVA réduite sur la totalité du chantier éligible. Les trois leviers ne s'excluent pas, mais leurs assiettes peuvent se chevaucher et nécessitent une coordination.
Là où la vigilance est requise, c'est sur le cumul avec le déficit foncier. Toutes les aides perçues (MaPrimeRénov' et CEE) viennent en déduction du montant déductible au titre des charges foncières. Cette règle évite la double subvention : l'État ne finance pas deux fois la même dépense. Le bailleur doit donc reconstituer le coût net des aides avant d'appliquer le mécanisme du déficit foncier détaillé dans notre guide dédié.
Un cumul interdit à connaître : MaPrimeRénov' et certaines aides locales versées par les collectivités peuvent être exclusives. Les régimes varient selon les départements et les intercommunalités. Avant de finaliser un plan de financement, mieux vaut interroger l'ADIL locale ou l'accompagnateur Rénov'. La même prudence s'applique au cumul avec le dispositif Loc'Avantages, qui ouvre droit à une réduction d'impôt en contrepartie d'un loyer plafonné : l'articulation avec MaPrimeRénov' impose des arbitrages parfois subtils.
La logique d'ensemble pour un bailleur
Pour un investisseur bailleur en 2026, la question n'est plus « quel crédit d'impôt vais-je obtenir ? » mais « comment combiner aide directe, prime CEE et fiscalité foncière pour minimiser le coût net du chantier ? ». La réponse passe presque toujours par le triptyque MaPrimeRénov' + CEE + déficit foncier, complété par l'Éco-PTZ pour la trésorerie. C'est l'empilement de ces leviers, plus que la recherche d'un crédit d'impôt résiduel, qui structure aujourd'hui le financement d'une rénovation locative.
Le réflexe à perdre est celui du calcul fiscal isolé. Un bailleur qui négocie ses travaux en intégrant l'ensemble du panier (aides directes, primes CEE, TVA réduite, déficit foncier) obtient en pratique un coût net inférieur à 40 % du devis facial dans la plupart des configurations modestes. Sans cette vision intégrée, il est facile de surévaluer le coût réel et de renoncer à des chantiers pourtant rentables.
Cas pratique chiffré 2026
Antoine, bailleur d'un T2 à Nantes classé F, prévoit 35 000 € HT de travaux pour passer en classe D : isolation combles, remplacement chaudière fioul par pompe à chaleur, fenêtres double vitrage performant. TMI 41 %.
Panier d'aides 2026 : MaPrimeRénov' Parcours Accompagné gain 2 classes locataire revenu intermédiaire = 14 000 € (40 % de 35 000 €). CEE Coup de Pouce chauffage + isolation = 3 800 €. TVA réduite 5,5 % appliquée directement sur facture (économie 5 075 € vs TVA 20 %, mais déjà intégrée au prix HT). Total aides directes : 17 800 €.
Coût HT après aides : 35 000 − 17 800 = 17 200 €. Base déductible déficit foncier : 17 200 €. Imputation revenu global 10 700 € × 41 % = 4 387 € IR + 1 840 € PS = 6 227 €. Report 6 500 € sur revenus fonciers, économie future estimée 3 800 €.
Bilan : chantier facial 35 000 € → coût net réel 35 000 − 17 800 − 6 227 − 3 800 = 7 173 €. Soit 20 % du devis. Pas de crédit d'impôt à proprement parler, mais une combinaison aides + déductibilité qui revient au même résultat net.
Comparaison avec les alternatives
Face à la combinaison aides + déficit foncier, deux alternatives existent. Le statut LMNP avec amortissement ne donne pas droit aux aides directes (les aides sont conditionnées à la location nue), mais permet d'intégrer les travaux à la base amortissable. Pour une rénovation lourde sur un bien meublé, le bilan fiscal est différent et souvent moins intéressant à court terme.
Le dispositif Denormandie offre une réduction d'impôt de 12, 18 ou 21 % sur travaux d'amélioration dans l'ancien (villes éligibles), plafonnée à 300 000 €. Cumulable avec MaPrimeRénov'. Pour un investisseur en zone Denormandie, l'équation devient : 21 % × 35 000 = 7 350 € de réduction directe, qui s'ajoute aux aides directes mais entre dans le plafond niches 10 000 €.
Le Pinel ancien rénové (depuis 2024, dispositif éteint pour les nouvelles opérations) offrait jusqu'à 21 % de réduction. Désormais remplacé par Loc'Avantages et Denormandie selon les configurations.
Les 5 erreurs à éviter
1. Croire qu'il existe encore un crédit d'impôt généraliste pour les bailleurs. Le CITE est supprimé depuis 2020. Aucun crédit d'impôt rénovation énergétique n'est accessible aux bailleurs en 2026.
2. Confondre déduction et réduction d'impôt. La déduction (déficit foncier) diminue l'assiette imposable. La réduction (Denormandie, Malraux) diminue directement l'impôt dû. Les mécaniques sont différentes.
3. Oublier la TVA réduite 5,5 %. Applicable directement par l'artisan sur la facture, elle représente une économie immédiate non négligeable, sans démarche supplémentaire.
4. Ne pas réclamer les CEE. Ces primes versées par les fournisseurs d'énergie sont systématiquement disponibles pour les travaux éligibles, sans condition de revenus. Les oublier équivaut à laisser plusieurs milliers d'euros sur la table.
5. Engager les travaux avant validation des dossiers d'aides. La signature du devis avant accord MaPrimeRénov' ou CEE annule les primes.
FAQ pratique
Q : Le CIDD existe-t-il pour les bailleurs ? Non, le Crédit d'Impôt Développement Durable est strictement réservé aux propriétaires occupants de leur résidence principale.
Q : La borne de recharge VE chez mon locataire ouvre-t-elle droit à crédit ? Oui, à hauteur de 75 % du coût, plafonné à 500 € par borne. Applicable si la borne est installée dans un emplacement à usage privatif du locataire.
Q : La TVA 5,5 % s'applique-t-elle automatiquement ? Oui, l'artisan applique directement le taux réduit sur sa facture, dès lors que le logement a plus de 2 ans et que les travaux entrent dans la catégorie rénovation énergétique.
Q : Les SCI à l'IS bénéficient-elles des aides ? MaPrimeRénov' est accessible aux SCI à l'IR mais pas aux SCI à l'IS. Les CEE restent accessibles aux deux. L'Éco-PTZ est réservé aux personnes physiques et SCI à l'IR.
Q : Puis-je récupérer la TVA sur travaux d'un bien loué ? Non, sauf en location meublée de tourisme classé avec option TVA. La location nue et la location meublée classique sont exonérées de TVA, donc pas de récupération.
À retenir
1. Aucun crédit d'impôt généraliste rénovation énergétique n'est accessible aux bailleurs en 2026. La fiscalité passe par déduction et aides directes.
2. Le triptyque MaPrimeRénov' + CEE + déficit foncier finance typiquement 60 à 80 % d'un chantier de rénovation énergétique lourde.
3. La TVA réduite 5,5 % est appliquée directement par l'artisan, sans démarche du bailleur.
4. Le crédit d'impôt borne de recharge VE (75 %, plafond 500 €) reste accessible aux bailleurs pour les emplacements privatifs.
5. Toujours déposer les demandes d'aides avant la signature des devis, sous peine de perte totale des primes.
Sources & ressources officielles
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